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Arrêter l’alcool : pourquoi c’est difficile et comment s’en sortir durablement

  • 25 févr. 2021
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 28 avr.


Homme marchant vers la lumière laissant derrière lui une bouteille d'alcool entourée de chaînes brisées, symbole de libération

Pourquoi arrêter l’alcool est souvent difficile


L’addiction à l’alcool n’est pas simple à traiter car elle est à l’origine d’une dépendance à la fois physique et psychologique, souvent liée à des tensions internes ou à une forme de saturation psychique. Comme toute addiction, elle n’épargne pas le patient lorsqu’il entre dans une démarche de sevrage. Pour l’alcoolisme « sévère », ce sevrage doit se faire en milieu hospitalier ou éventuellement en ambulatoire mais avec un suivi très régulier. Pour l’alcoolisme « plus léger » c’est-à-dire avec des consommations au-dessus des seuils recommandés, un suivi en ambulatoire est généralement suffisant et il existe deux approches : le sevrage complet du produit ou la réduction progressive de la consommation.

Les psychiatres addictologues peuvent, en complément d’une thérapie cognitive et comportementale, prescrire des médicaments pour aider le patient. Il existe à ce jour, le baclofène mais qui est de moins en moins prescrit en particulier à cause de la difficulté à définir la posologie nécessaire pour chaque patient (cela peut beaucoup varier d’un patient à un autre). Il y a également le selincro qui est prescrit dans une stratégie de réduction de la consommation d’alcool chez le patient alcoolique. Pour l’instant, les résultats semblent encourageants. Enfin, le topiramate semble aussi intéressant, il s’agit d’un antiépileptique qui permettrait selon des études récentes de réduire l’envie d’alcool chez les patients alcooliques.

Il existe également d’autres options médicamenteuses, cette liste n’étant pas exhaustive.

Comme dans toute addiction, il est toujours préférable de s’entourer d’une « équipe » de professionnels pluridisciplinaires. C’est le meilleur moyen d’avoir à la fois des RDV réguliers et de bénéficier d’approches différentes.

S’il peut être nécessaire de consulter un psychiatre-addictologue pendant quelques mois, un hypnothérapeute propose uniquement des thérapies brèves, c’est-à-dire que vous le consulterez pendant un mois ou deux mais rarement plus.


Se faire accompagner pour s’en sortir


Plusieurs approches peuvent être utilisées pour accompagner la personne dans ce processus en fonction de son histoire et de ses besoins :

-Méthode aversive : il s’agit de dégoûter le patient du produit. Le thérapeute va utiliser les sens visuels, olfactifs et gustatifs. Pendant l’anamnèse (échange avec le patient avant l’hypnose), il va déterminer les éléments susceptibles de le dégoûter vis-à-vis de l’alcool. Ensuite, sous hypnose, il va composer un schéma où dès qu’il y aura présence d’alcool ces éléments écœurant seront présents.

-La désactivation d’ancre : le thérapeute va dans un premier temps amener son patient à se remémorer une situation désagréable liée à sa consommation d’alcool mais de manière dissociée c’est-à-dire qu’il ne ressentira que très peu d’émotions négatives. Ensuite, le praticien va lui suggérer d’imaginer (ou de se remémorer) une scène très agréable mais sans le produit. Il va lui faire amplifier en imagination cette scène en utilisant les cinq sens afin que ce second « film mental » soit plus puissant que le premier. Enfin, le thérapeute va s’assurer que l’ancrage négatif a disparu et que son patient reste ancré dans le schéma positif. Cette technique devra, en général, être complétée par une autre séance dans les jours à venir, en utilisant le plus souvent une autre méthode.

Il existe aujourd’hui une bonne connaissance des mécanismes de la dépendance à l’alcool, même si le « combat » est difficile, les professionnels de santé savent mieux que jamais comment accompagner leurs patients et les soutenir. En hypnose, on peut être amené à travailler main dans la main avec le médecin qui suit le patient. Ce travail d’équipe est rassurant pour la personne souffrant de l’addiction et lui permet d’avoir toujours une personne vers qui se tourner entre les séances en cas de passage à vide. Si nécessaire, je peux être joignable entre deux séances (même si celles-ci ne sont espacées que de 4 ou 5 jours), afin de faire le point sur sa situation et de préparer au mieux la séance suivante.

La dépendance à l’alcool n’est pas une fatalité et il faut parfois plusieurs rechutes avant d’en venir à bout. Le patient ne doit donc pas désespérer et garder espoir car quand la volonté de se battre est présente l’issue ne peut qu’être favorable. Il pourra ainsi revivre pleinement, enfin libre et retrouver les sensations à la fois simples et formidables de la vie avec un grand V.

Lorsqu’on se sent prêt à avancer, se faire accompagner permet souvent de ne pas rester seul face aux moments de doute et d’ancrer des changements durables.


Gauthier Fara

Maître-Praticien en hypnose ericksonienne

 
 
 

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