Comprendre la dépendance affective et apprendre à la surmonter
- 1 nov. 2020
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 25 janv.

Les personnes dites dépendantes affectives ne peuvent se sentir bien qu’avec quelqu’un dans leur vie. Elles sont systématiquement en quête d’affection avec la crainte du célibat et de se retrouver seules. Elles se nourrissent de l’amour de l’autre et si celui-ci disparaît, c’est tout leur monde qui s’écroule.
Dépendance affective : quand le lien devient une nécessité psychique
La dépendance affective apparait lorsque la relation à l’autre n’est plus un choix, mais une nécessité intérieure. Sans le lien, la personne se sent vide, anxieuse ou désorientée. L’autre devient alors un repère psychique indispensable pour se rassurer et maintenir un équilibre émotionnel.
Lorsque la relation à l’autre devient une nécessité psychique, la séparation est rarement vécue comme une simple rupture, mais comme une menace intérieure.
Le diagnostic de la dépendance affective : repères cliniques
Les principaux indicateurs qui permettent de diagnostiquer une dépendance affective (aussi appelée « trouble de personnalité dépendante » selon le DSM-V, le manuel de référence américain de psychiatrie) sont :
-Le besoin permanent de l’approbation de l’autre
-Une difficulté à la séparation (même de courte durée)
-Une incapacité à prendre une décision, seul
-Le besoin permanent de réassurance affective et une difficulté à saisir les signes rassurants envoyés par l’autre (pour faire simple, la personne va avoir besoin d’entendre plusieurs fois « je t’aime » par jour ou a minima par SMS).
-Une tendance à mettre de côté les autres relations (familiales, amicales…etc.)
-La suspicion, la méfiance, la jalousie parfois
-Le chantage affectif est également souvent pratiqué car la personne manque de confiance en elle. Dans un cas extrême, par exemple, si son conjoint menace de la quitter, elle peut réagir en simulant ou menaçant de se suicider.
-Le besoin d’une relation très fusionnelle : c’est-à-dire « on fait tout ensemble »
-Quelquefois, le fait d’accepter des choses normalement intolérables dans un couple comme des moqueries, être rabaissée, voire des violences.
Lorsque que la personne n’est pas en couple elle va, en règle générale, être déboussolée, c’est-à-dire qu’elle ne va pas être capable de prendre une décision de la vie courante sans l’approbation d’une tierce personne par exemple.
De plus, elle va être préoccupée de manière exagérée par la crainte d’être laissée à se débrouiller seule.
Et surtout lorsqu’une relation proche ou intime s’éloigne ou se termine, elle va se précipiter, dans l’urgence, à trouver une autre relation qui puisse combler ses besoins affectifs (au risque d’aller vers une pseudo amitié ou un pseudo amour toxique car choisi hâtivement).

Pourquoi la séparation est vécue comme une urgence émotionnelle
Chez la personne dépendante affective, la séparation ne provoque pas seulement de la tristesse, mais une angoisse immédiate. Elle réactive souvent une peur de l’abandon, donnant le sentiment qu’il faut agir vite pour ne pas se sentir intérieurement effondré.
Les stratégie inconscientes mises en place pour ne pas se sentir seul
Face à l’angoisse de la séparation, la personne dépendante affective met souvent en place des stratégies inconscientes de survie émotionnelles. Il peut s’agir de s’accrocher à une relation insatisfaisante, de reprendre contact malgré la souffrance, ou de se projeter rapidement dans une nouvelle relation pour éviter le vide intérieur.
Ces mécanismes, bien que compréhensibles, entretiennent le cycle de la dépendance et empêchent l’apaisement durable. C’est précisément sur ces mécanismes émotionnels profonds que l’accompagnement thérapeutique peut intervenir.
L’hypnose thérapeutique pour désamorcer les schémas de dépendance
L’hypnose thérapeutique permet de travailler directement sur ces schémas de dépendance, en intervenant là où ils se sont construits.
-Couper le cordon : Comme son nom l’indique, il s’agit là bien d’une image mentale que le patient va construire sous hypnose. Cette technique est employée lorsque l’on souhaite faire le deuil d’une relation par exemple. L’idée est de suggérer qu’un cordon imaginaire qu’est formé entre le patient et son « ex ». Il va donc être amené à couper de lui-même ce cordon mais avant on va lui laisser la possibilité de dire quelques mots par la pensée à cette personne s’il le souhaite. Ensuite, une fois le cordon coupé, cette personne va s’éloigner petit à petit, sans pour autant provoquer une « crise émotionnelle » chez le patient.
-Recadrage hypnotique : Le patient va envisager plusieurs solutions, sous hypnose ou pendant anamnèse, et finalement sous hypnose, il ne va en retenir qu’une seule. Cela peut être, par exemple, le conseil d’un ami ou une amie qu’on n’a pas suivi, ou bien une erreur qu’on a commise en amour et qu’on ne veut pas reproduire ou encore l’exemple d’une personne que l’on connait bien qui n’a jamais souffert de dépendance amoureuse. Le recadrage hypnotique peut éventuellement faire l’objet de plusieurs séances.
-Les suggestions post-hypnotiques : Ce sont des phrases qui viennent conclure la phase de travail (mais toujours sous hypnose) et qui ont généralement un très fort impact. Par exemple, pour la dépendance affective, ce sera l’occasion pour le thérapeute d’insister sur le fait que désormais à partir d’ici et maintenant le patient vit et vivra sa vie en toute indépendance. Ou bien, il peut l’amener à se recentrer sur lui-même en mettant sa propre personne au cœur de ses priorités. Par exemple, « désormais, la personne la plus importante pour vous, c’est vous. »).
La plupart des personnes dépendantes affectives parvient à trouver un équilibre dans sa vie au quotidien. Le plus important est d’avoir pu identifier ce trouble, qui, rappelons-le, toucherait environ 2% de la population française et aussi bien les femmes que les hommes (https://sante.lefigaro.fr/article/la-dependance-affective-derriere-un-terme-a-la-mode-un-vrai-trouble/). Ensuite, il peut être judicieux d’entamer une thérapie, parfois elle pourra être brève comme ce que l’on fait en hypnose, peut-être qu’elle devra être complétée par un suivi avec un psychologue sur du plus long-terme mais cela n’est pas systématique. Dans tous les cas, un accompagnement adapté permet souvent d’observer des évolutions rapides dans la manière de vivre les relations, et en particulier la vie de couple.
Si ces mécanismes vous parlent ou font écho à votre vécu, un accompagnement thérapeutique peut vous aider à retrouver un équilibre relationnel. Vous pouvez me contacter pour en discuter.
Gauthier Fara
Maître-Praticien en hypnose ericksonienne
Praticien en psychanalyse



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