Addiction aux médicaments
- 3 sept. 2021
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 25 juil.

Comment se manifeste une addiction aux médicaments et comment s’en libérer ?
Une addiction aux médicaments correspond à une perte de contrôle vis-à-vis d’un traitement, malgré ses conséquences sur la santé ou la vie quotidienne. Elle peut concerner différents types de médicaments et nécessite souvent un accompagnement médical pour être prise en charge.
Il existe plusieurs types de molécules qui peuvent causer une dépendance comme les anxiolytiques (particulièrement de type benzodiazépine, aussi utilisés parfois comme somnifères), les antidépresseurs ou encore les antidouleurs opioïdes (morphine, codéine, fentanyl, tramadol, oxycodone …etc.).
Tous les médicaments n’entraînent pas une dépendance. Celle-ci dépend notamment de la molécule utilisée, de la durée du traitement, du dosage et des caractéristiques propres à chaque personne. Lorsqu’une dépendance s’installe, elle évolue généralement de manière progressive et peut passer inaperçue pendant plusieurs mois avant que la personne ne prenne conscience de la perte de contrôle.
La fréquence des prises, la durée du traitement et les doses consommées permettent notamment d’évaluer le niveau de tolérance au médicament. Cette information aide le médecin à adapter progressivement le protocole de sevrage afin de limiter les symptômes de manque.
Le sevrage des médicaments présente certaines similitudes avec celui de l’alcool ou des drogues, notamment par la nécessité d’un suivi médical étroit. En revanche, la prise en charge reste spécifique à chaque médicament et à chaque patient.
Chaque situation étant différente, le parcours de soin est toujours individualisé. Il dépend notamment du médicament concerné, de la durée du traitement, de l’état de santé de la personne et de ses besoins. L’objectif est de réduire progressivement la dépendance tout en limitant les risques liés au sevrage.
Pour se défaire d’une addiction aux médicaments, on distingue deux phases, le sevrage qui dure entre 2 semaines et 1 mois, et le maintien de l’abstinence qui est une sorte de temps de « grande vigilance » (environ une année, parfois plus) :
-Le sevrage : celui-ci doit impérativement être encadré par un médecin et si possible un psychiatre-addictologue, le thérapeute quant à lui jouera un rôle de « facilitateur » afin de rendre cette étape, la moins difficile possible psychologiquement et également augmenter les chances de réussite. Cette période peut être effectuée en ambulatoire (c’est-à-dire en restant chez soi) mais en ayant programmé des RDV réguliers chez son médecin pour s’assurer que l’état de santé ne nécessite pas une hospitalisation : celui-ci posera un certain nombre de questions et prendra les « constantes » du patient (tension, température…etc.). Il est également possible de se faire hospitaliser, et c’est, selon moi, le moyen le plus sûr et rassurant, les chances de réussite du sevrage sont augmentées et il reste possible de consulter son thérapeute lors de « permissions de sortie », généralement accordées après quelques jours par l’addictologue qui vous suit.
-Maintien de l’abstinence : durant cette période beaucoup plus longue et qui varie d’une personne à une autre, il est souvent nécessaire de poursuivre un suivi régulier (mais moins fréquent que pendant le sevrage) avec un professionnel, médecin et/ou thérapeute.
Au-delà du sevrage, il est souvent nécessaire de travailler sur les mécanismes psychologiques qui entretiennent la dépendance. Dans cette optique, l’hypnose thérapeutique peut constituer un complément intéressant afin d’accompagner durablement la personne vers l’abstinence.
Comment l’hypnose peut-elle accompagner le sevrage des médicaments ?
L’hypnose thérapeutique ne remplace jamais un suivi médical mais peut constituer un accompagnement complémentaire au cours du sevrage et du maintien de l’abstinence. En travaillant sur les automatismes, les émotions et les ressources internes de la personne, elle peut aider à rendre cette période plus facile à vivre et à consolider les changements engagés.
-Métaphore de la montgolfière (sevrage) : cette méthode consiste à déposer le produit en question par le patient sous hypnose dans la nacelle d’une montgolfière. Il va ensuite la décrocher de lui-même et la regarder s’éloigner, petit à petit, jusqu’à ce qu’elle devienne un tout petit point dans le ciel, puis invisible. De cette manière, le patient va initier son sevrage en faisant le « deuil » de la substance.
-Transfert d’État de Ressource (maintien de l’abstinence) : le thérapeute va ici inviter la personne à se remémorer un instant (ou une période de sa vie) où elle s’est sentie particulièrement bien et apaisée sans le produit. Cela peut être avant le début de la consommation de ce dernier ou bien, plus rarement, après le sevrage si elle a vécu une période de bien-être, sans craving (envie irrépressible de consommer) voire d’euphorie comme cela peut arriver dans certains cas. Le praticien va ancrer cet état sous hypnose et le projeter sur le présent et le futur.
Le sevrage des médicaments ne constitue qu’une étape vers un changement durable. Au-delà de l’arrêt du traitement, il est souvent nécessaire de faire évoluer les habitudes associées au médicament, de mieux gérer les situations à risque, le stress et les émotions, et de consolider les progrès réalisés au cours de cette période. Intégrée à une prise en charge globale, l’hypnose thérapeutique peut contribuer à soutenir cette démarche et à favoriser le maintien de l’abstinence.
Vous souhaitez être accompagné dans votre sevrage médicamenteux ? En complément du suivi médical, je vous accueille au cabinet afin de vous aider à mobiliser vos ressources, à prévenir les rechutes et à consolider les changements engagés. N’hésitez pas à me contacter pour échanger sur votre situation et déterminer si l’hypnose peut s’intégrer à votre prise en charge.
Gauthier Fara
Maître-Praticien en hypnose ericksonienne
Praticien en psychanalyse



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