Addiction chez l’adolescent : comprendre, repérer et réagir efficacement
- 9 oct. 2022
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : 7 avr.

A l’adolescence, certaines conduites peuvent inquiéter sans relever immédiatement d’une addiction installée. Entre expérimentation, pression du groupe et recherche d’apaisement, il n’est pas toujours simple de faire la différence. Comprendre ces comportements permet de mieux repérer les signaux à surveiller et d’agir de manière adaptée. Cela aide à mieux réagir et à éviter certaines erreurs fréquentes qui peuvent aggraver la situation. Cet article vous donne des repères concrets pour y voir plus clair.
Dans ce contexte, il est essentiel de distinguer ce qui relève d’une phase normale de l’adolescence et ce qui peut devenir préoccupant. L’objectif n’est pas de dramatiser mais d’agir avec justesse.
Beaucoup de parents se sentent démunis face ces situations : faut-il s’inquiéter ou relativiser ? A quel moment agir et comment le faire sans braquer son adolescent ?
Quelles addictions touchent les adolescents et pourquoi ?
Nous abordons ici les addictions liées aux substances psychoactives (légales ou non), mais aussi certaines dépendances comportementales (ex : jeux vidéo, les jeux d’argent, la sexualité compulsive…etc.).
A cet âge, ces comportements ne sont pas anodins : ils répondent souvent à un besoin de régulation émotionnelle. Le cerveau adolescent est encore en développement notamment dans les zones liées au contrôle des impulsions. Cela favorise la recherche de sensations fortes et les comportements à risque.
Toutes les consommations ne se valent pas : certaines relèvent d’une expérimentation ponctuelle, d’autres s’inscrivent dans une logique de répétition voire de dépendance. Ce qui compte, c’est la fréquence, l’intention et l’impact sur le quotidien.
On peut dire qu’il y a une forme de « chronologie » théorique (c’est-à-dire, pas systématique !) selon laquelle un jeune, en fonction de son âge, pourrait être confronté à ces produits :
-La cigarette : c’est très souvent la première substance psychoactive à laquelle un jeune peut être confronté, parfois au début du collège.
-L’alcool : l’âge moyen de la première consommation l’alcool diminue de plus en plus. Une initiation de la consommation d’alcool à l’adolescence va entrainer une prévalence de la dépendance à l’âge adulte.
-Le cannabis (dont les effets et les risques chez les jeunes sont souvent sous-estimés) et le protoxyde d’azote aussi appelé « gaz hilarant » est devenu un effet de mode ces dernières années chez les adolescents et les très jeunes adultes, ce n’est pas illégal car c’est ce qu’on trouve dans les bombes à crème chantilly. Le phénomène prend de l’ampleur, il ne se passe pas un weekend sans qu’une personne finissent aux urgences après en avoir inhalé.
-Les Nouvelles Drogues de Synthèse (NDS) : elles sont moins chères que les drogues dures « classiques » mais en imitent les effets comme la 3MMC (à l’origine utilisé comme une drogue de « chemsex » c’est-à-dire des relations sexuelles sous drogues, c’est maintenant la « cocaïne du pauvre »). Les médicaments anxiolytiques et somnifères peuvent être consommés et parfois avec un usage détourné et abusif.
-Les drogues dites « dures » traditionnelles comme la cocaïne, la MDMA, l’ecstasy ou « Tazz » (MDMA sous forme de comprimé), la kétamine.
Ces différentes substances n’ont pas le même niveau de dangerosité mais toutes peuvent entraîner une perte de contrôle progressive en particulier lorsque leur usage devient un moyen de gérer une émotion ou une difficulté.
Les premières consommations relèvent souvent d’une phase d’expérimentation influencée par le groupe, la curiosité ou le besoin d’appartenance (attention : si votre adolescent a un ami qui fume des cigarettes cela ne fait pas forcément de lui quelqu’un d’infréquentable).
Plus l’initiation est précoce, plus le risque de dépendance à l’âge adulte augmente. Cela ne signifie pas qu’un adolescent est condamné mais que la vigilance doit être adaptée.
Pourquoi un adolescent consomme-t-il ?
Derrière une consommation, il y a presque toujours une fonction psychologique.
Autrement dit, la consommation n’est pas un hasard : elle vient répondre à un besoin précis dans l’équilibre psychique de l’adolescent.
Les consommations peuvent répondre à plusieurs fonctions :
-tester les limites et s’opposer au cadre parental
-s’intégrer à un groupe ou répondre à une pression sociale
-apaiser un mal-être émotionnel ou une tension interne
-faire face à une situation difficile (rupture, conflit familial, phobie scolaire)
Les conduites addictives ne s’expriment pas toujours de la même manière selon les adolescents. Certains vont davantage rechercher la transgression, la prise de risque ou l’effet de groupe, tandis que d’autres peuvent utiliser ces comportements pour apaiser un mal-être, une tension intérieure ou un sentiment d’isolement.
Tous ces éléments peuvent, dans certains cas, favoriser l’apparition de troubles psychiques comme la dépression ou l’anxiété.
Une conduite devient préoccupante lorsqu’elle s’installe dans la durée, qu’elle échappe au contrôle de l’adolescent et qu’elle a un impact sur son quotidien (sommeil, scolarité, relations, humeur).
Ces situations s'inscrivent souvent dans des contextes sociaux où la consommation est banalisée.

Addiction chez l’adolescent : comment les parents peuvent réagir efficacement
Face à une consommation, la réaction des parents peut soit apaiser la situation… soit l’aggraver sans le vouloir.
Le plus important est le dialogue avec votre enfant, facile à dire, mais pas facile à faire, c’est un incontournable et c’est à instaurer dès le plus jeune âge, pas seulement pour évoquer des sujets « délicats » (sexualité, drogue…) car, dans l’idéal, il ne devrait pas y avoir de sujet délicat ou tabou qui devrait être gênant à évoquer mais bien souvent la réalité est différente. Par ailleurs, attention à ne pas tomber dans le monologue, laissez votre enfant s’exprimer, quitte à laisser un silence dans la discussion.
Le dialogue ne signifie pas tout accepter mais maintenir un lien suffisamment solide pour que l’adolescent ne se coupe pas complètement.
Il n’y a aucun intérêt à adopter une attitude répressive seule mais, en règle générale, une combinaison entre :
-un minimum de fermeté sur une durée raisonnable si votre enfant a transgressé les règles* ;
-montrer de l’intérêt et de la bienveillance à son égard ;
-dans certains cas proposer une thérapie avec un professionnel qui sera son interlocuteur privé c’est-à-dire qui ne pourra répéter à ses parents que ce qui est convenu entre eux.
Il est également important de ne pas banaliser certains signes comme l’isolement, une irritabilité inhabituelle ou une chute brutale des résultats scolaires.
*Fixer des règles : il est nécessaire que votre enfant sache clairement ce qu’il peut faire ou non c’est-à-dire qu’il ne doit pas y avoir de règle implicite car toutes les familles fonctionnent différemment et c’est à vous de déterminer votre cadre, éventuellement en discutant avec votre enfant, en écoutant ses envies et ses besoins mais c’est, bien entendu, vous qui aurez le dernier mot. L’équilibre entre écoute et cadre est central : trop de rigidité favorise la rupture, trop de laxisme entretient la confusion.
Repérer les signes d’une addiction chez l’adolescent ?
Certains signes doivent alerter surtout lorsqu’ils s’installent dans la durée et qu’ils se cumulent.On peut notamment observer :
-une consommation de plus en plus fréquente ou difficile à limiter
-une perte de maîtrise malgré les conséquences
-un isolement progressif
-une perte d’intérêt pour des activités auparavant appréciées
-des mensonges ou une dissimulation autour de la consommation
-des troubles du sommeil ou de la fatigue inhabituelle
-une modification du comportement (agitation, repli, irritabilité)
Pris isolément, ces signes ne suffisent pas à poser un diagnostic. C’est leur répétition, leur intensité et leur impact sur le quotidien qui doivent alerter.
Un changement brutal est souvent plus préoccupant qu’un comportement isolé installé de longue date.
Quelles solutions pour accompagner un adolescent en difficulté ?
Face à ces situations, il est possible d’agir progressivement, sans dramatiser mais sans minimiser non plus.
Consulter un professionnel de santé
Il est préférable que l’adolescent soit volontaire pour échanger avec un thérapeute (et éventuellement pour expérimenter l’hypnose). Une consultation est particulièrement indiquée lorsque la consommation s’installe dans la durée, devient difficile à limiter ou commence à avoir un impact sur le quotidien de l’adolescent (sommeil, scolarité, relations…).
Le premier rendez-vous n’a pas pour objectif d’imposer un changement mais de comprendre la situation et d’instaurer un climat de confiance. Il n’est pas nécessaire d’attendre une situation « grave » pour consulter : intervenir tôt permet souvent d’éviter une aggravation.
Utiliser des approches adaptées à l’adolescent
Un entretien motivationnel pour faire le point sur sa consommation avec un professionnel de santé qualifié peut être une bonne approche : ce rendez-vous, contrairement à ce que l’on pourrait penser, n’a pas pour seul objectif de déterminer la motivation du patient à arrêter sa consommation, il permet aussi de mettre en exergue les avantages et inconvénients du produit (une balance décisionnelle et le bénéfice/risque) et il n’est donc pas rare que de nombreux patients en ressortent surpris. Il permet en effet d’amener le jeune à réfléchir par lui-même à sa consommation, sans confrontation directe, ce qui augmente considérablement les chances d’évolution.
S’appuyer sur des structures spécialisées
Les CSAPA (Centres de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie) sont disponibles gratuitement un peu partout sur le territoire.
D’autres dispositifs peuvent également être mobilisés selon la situation : les consultations jeunes consommateurs (CJC), les psychologues ou psychiatres, ainsi que certains dispositifs scolaires ou médico-sociaux.
Au sein de notre cabinet d'hypnose et psychanalyse à Paris 16, nous recevrons votre adolescent et assurerons son suivi sur-mesure.
L’important est de ne pas rester seul face à la situation et d’adapter l’accompagnement aux besoins spécifiques de l’adolescent.
L’addiction chez l’adolescent est une problématique fréquente qui nécessite une approche globale et adaptée.
Gauthier Fara
Maître-Praticien en hypnose ericksonienne
Praticien en psychanalyse



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