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Crise d’adolescence et approches thérapeutiques

  • 16 juil. 2021
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 26 févr.


Adolescente faisant un geste provocateur - illustration d'une crise d'adolescence et d'une attitude d'opposition


L’adolescence est une période qui peut profondément déstabiliser les repères familiaux. Les tensions augmentent, le dialogue se complique et les parents se demandent parfois s’ils sont face à une étape normale… ou à un véritable mal-être. Lorsque ces tensions prennent trop d’ampleur, elles peuvent conduire à une véritable saturation psychique. Ce bouleversement n’est pas uniquement comportemental : il touche aux fondements mêmes de l’identité. L’adolescent traverse une phase de remaniement psychique profond où se redéfinissent tous les repères et la perception de soi.

Pour en comprendre les enjeux, il est nécessaire d’aborder en premier lieu les bases théoriques.

 

Comprendre les fondements de la crise d’adolescence


L’adolescence marque le passage d’un fonctionnement centré sur l’enfance vers une organisation plus autonome. Ce mouvement implique une nouvelle définition progressive des liens d’attachement, du rapport à l’autorité et de la perception de soi. Les transformations pubertaires constituent le socle biologique de ce processus. Le corps change rapidement, ce qui modifie l’image corporelle et la manière dont le jeune se perçoit et se situe face aux autres.

Sur le plan psychique, un travail de séparation commence : l’adolescent doit progressivement se différencier de ses parents pour construire sa propre identité. Ce mouvement est parfois conflictuel car il suppose de redéfinir les repères familiaux.

Il ne s’agit pas d’un simple trouble du comportement mais bel et bien d’un remaniement identitaire profond qui oblige l’adolescent à se réorganiser psychiquement.

 

L’accompagnement thérapeutique des adolescents : hypnose et analyse

 

Les adolescents sont, par nature, peu enclins à accepter de venir en thérapie lorsque cela est suggéré par leurs parents ou par un autre adulte (un enseignant, un membre de la famille, l’infirmière scolaire). Malheureusement, parfois cela leur est imposée par une décision de justice et dans ce cas très précis l’approche devient extrêmement complexe car théoriquement, on doit désirer faire une thérapie, si celle-ci nous est imposée alors le professionnel est confronté à un mur. Cependant, grâce à son expérience, il parvient à démontrer à l’adolescent que c’est dans son intérêt de « faire tomber le masque » et de se prêter à l’exercice en toute confiance.

Je reçois les adolescents en psychanalyse et en hypnothérapie de 12 à 18 ans avec un accord parental. Il est également primordial que le jeune patient soit volontaire pour la thérapie, dans le cas contraire cela ne fonctionnera pas, c’est pourquoi je m’engage à m’entretenir avec lui au préalable afin de mesurer si réellement il a compris l’intérêt de cette thérapie. Ensuite, nous pouvons éventuellement être amené à signer un contrat symbolique entre nous deux qui fixe les règles réciproques du travail que nous allons mener (par exemple : arriver à l’heure aux rendez-vous…etc.). Un des objectifs de ce contrat est qu’il permet de sortir les parents de la relation, en effet, dans la grande majorité des cas, ce sont eux qui sont à l’origine de la consultation et, de plus, se sont eux qui financent celle-ci. Ainsi, le jeune patient s’approprie sa thérapie et accepte de faire ce travail pour lui seul.

Par ailleurs, il est évident que je refuse la présence des parents en séances. Cependant, ces derniers pourront parfois être invités à un débriefing avec l’accord de leur enfant à la fin d’une séance.

Afin de rassurer et d’éviter tout litige, je tiens à ce que toute séance avec une personne mineure soit filmée. Je ferai donc signer une décharge stipulant que l’enfant et le responsable légal acceptent que l’hypnose ou l’échange (pour une psychanalyse) soit filmé et que les images ne seront, évidemment, jamais diffusées à des tiers ou sur internet.


Quelles solutions thérapeutiques pour un adolescent en difficulté ?


-Psychanalyse : une psychanalyse peut être relativement courte, en particulier chez les adolescents. Il n’est pas toujours nécessaire d’engager un travail indéfini pour qu’il soit pertinent et structurant.

Dans certains cas, j’envisage une psychanalyse dite « fractionnée » : il s’agit de travailler de manière ciblée sur ce qui, dans le présent, entrave l’équilibre du jeune, sans chercher une exploration exhaustive de l’ensemble de son histoire.

L’objectif est de relancer un mouvement psychique là où quelque chose semble s’être figé, la durée s’ajustant ensuite en fonction de l’évolution et des besoins.

Dans certaines situations, une psychanalyse pour adolescent offre un cadre permettant de mettre en mots ce qui, jusqu’-là, ne pouvait que s’exprimer par des tensions ou des conduites opposantes.

-En hypnose : La désactivation d’ancre : À l’adolescence, on se met à réfléchir à penser de plus en plus et à tenter de pratiquer l’introspection, généralement, de façon involontaire. Cependant, on n’est souvent pas bien rodé à l’exercice et on n’a pas assez de recul pour être lucide. Il en résulte des idées parfois erronées ou biaisées sur notre perception de qui nous sommes (notre personnalité, notre identité) ou encore de comment nous sommes perçus par notre entourage. Ces mécanismes sont proches de ce que l’on appelle des ruminations mentales.

Cette technique, qui peut être réitérée à plusieurs reprises, consiste donc à désactiver un schéma de pensée ou un comportement pour que celui-ci soit remplacé par un autre plus bénéfique et plus agréable à vivre pour la personne (et comme « bénéfice secondaire » pour ses proches).

 

Crise d’adolescence ou souffrance plus profonde : comment faire la différence ?


La crise d’adolescence reste mobile, contrastée, parfois bruyante mais évolutive. Lorsque les manifestations se figent, se radicalisent ou semblent altérer durablement le rapport du jeune à lui-même et aux autres, là, on sort du registre de la crise pour entrer dans celui d’une souffrance psychique qui s’installe et qui appelle un accompagnement.

 

Mon travail consiste toujours en une approche sur-mesure mais cela est encore plus minutieux lorsqu’il s’agit d’adolescents. En effet, notre responsabilité est très importante, car ce sont de jeunes personnes qui, sur un bref lapes de temps de quatre ou cinq ans, vont construire certaines fondations de leur vie.

Lorsque le doute persiste, un premier rendez-vous permet souvent de clarifier la situation et d’évaluer sereinement la suite.

 

Veillez à toujours consulter un avis médical avant tout traitement.

Gauthier Fara

Maître-Praticien en hypnose ericksonienne

Praticien en psychanalyse

 

 
 
 

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